L'UNSE interpelle les candidats à la présidence de la République


Que ferez-vous pour favoriser l’apprentissage des langues et la mobilité des élèves du secondaire ?


Mesdames, Messieurs les candidats à la présidence de la République,

A l’heure où sont débattus les enjeux liés à l’évolution de la société française et les actions à mettre en œuvre pour favoriser cette évolution, l’UNSE (Union nationale des organisations de séjours de longue durée à l’étranger) souhaite interroger les candidats à la présidentielle sur les questions de l’apprentissage des langues étrangères et de la mobilité des élèves du secondaire.

Les constats que l’on peut faire aujourd’hui en la matière sont les suivants :

  1. Le niveau général des Français en langues étrangères, de même que leur ouverture à d’autres cultures restent relativement faibles,
  2. les cours de langues étrangères dispensés au collège et au lycée ne permettent pas aux élèves de sortir du système scolaire en maîtrisant correctement une langue,
  3. la mobilité des élèves n’est guère encouragée par un système scolaire, qui ne permet pas de valider une période d’études passée dans un établissement scolaire non français à l’étranger pendant le secondaire (par exemple : un élève qui va passer une année scolaire en Italie après sa troisième n’a pas la possibilité d’intégrer une classe de première à son retour). Dans le cadre de la politique européenne en matière d’éducation, il nous semble que des débats doivent être engagés pour parvenir un système de validation similaire à celui d’Erasmus.
  4. l’apprentissage des langues en France ne prend pas suffisamment en compte la dimension interculturelle nécessaire à toute communication avec une personne d’un autre pays, d’une autre culture. Or dans le contexte actuel de mondialisation, cette dimension nous semble fondamentale.

Depuis plus de 10 ans, les 9 organismes rassemblés au sein de l’UNSE – dont certains ont une expérience de plus de 50 ans dans les échanges de longue durée (3 mois minimum) pour les jeunes – cherchent à faire reconnaître la valeur éducative d’une période de longue durée (3 mois minimum) passée à l’étranger entre 9 et 18 ans. Les apports d’un tel séjour se mesurent en terme de maturité, de sensibilisation à la différence culturelle, de maîtrise d’une langue étrangère ; ils sont complémentaires des connaissances acquises à l’école et constituent des atouts certains sur le plan professionnel et personnel.

Or de nombreux obstacles à la mise en place de telles activités d’échanges se dressent devant les élèves :

  1. Refus de certains établissements de laisser partir ceux qui ont choisi de passer une année scolaire dans un autre pays,
  2. refus de les ré-inscrire à leur retour,
  3. non validation de la période passée à l’étranger, qui devient une « année perdue » par manque d’une politique claire dans ce domaine,
  4. refus de certaines écoles, principalement les classes préparatoires, d'inscrire un élève parti pour une année scolaire juste après son Bac,
  5. persistance d’une certaine méfiance vis-à-vis de l’anglais non britannique, qui ne serait pas le « bon anglais » ; même remarque concernant l’espagnol, parlé dans certains pays d’Amérique latine.

Dans la mesure où il nous semble fondamental que la situation évolue, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous exprimer votre point de vue et nous faire part de vos propositions d’améliorations concernant les 4 constats et les 5 obstacles énoncés ci-dessus.


Laurent Bachelot
Président de l’UNSE



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